“Voyager avec la musique est un acte poétique”

Jean-Roch Waro est un rockeur. Adolescent, il suit les pas de Noir Dèz’, The Meteors, Paul Personne et CharlElie Couture, et forme le groupe “Rock Inc.”. À 20 ans, il parcourt le monde, de scène en scène, du Living Room de New York au New Morning de Paris. Là, il débauche Stephen McCraven, un batteur de jazz virtuose, et se lance dans le swing jazz en sortant, en 2004, Jean Roch Waro Music Gang. Avec lui, nous avons pris une leçon de composition et, surtout, d’inspiration.

Par Jacques Tiberi

Le Zéphyr : L’inspiration, certains disent fabriquer la leur. Et de votre côté, d’où vient-elle ? Hasard ou nécessité ?
Jean-Roch Waro : Il y a une nécessité de croire en ce que le hasard a à offrir.
Mélodie ou refrain ? Riff ou gimmick ? Quel est votre premier pas ?
Les mélodies voyagent beaucoup ! Peut-être que l’une d’entre elles s’imposera un moment comme un thème.

Le hook vient seul, à la guitare, sur du papier, dans votre tête ?
Il n’y a pas de règle et il n’y a pas forcément de hook ! Chercher le hook, c’est déjà emprisonner quelque chose.
Quelle est votre humeur durant le processus créatif ? Concentré solitaire ou, au contraire, besoin de sentir du monde autour de soi, d’aller au café ?
Pour l’écriture, l’action est plutôt solitaire… Mais, pour moi, l’inspiration c’est le mouvement… Et, aussi, la capacité à s’ouvrir aux autres.

Vous sentez-vous poète ? Ecrivez-vous pour répondre à la musique ? Qui vous inspire ? Quels auteurs ? Quels chanteurs ?
Je ne me définis pas spécialement comme “poète”, mais voyager avec la musique est un acte poétique en soi. Les artistes libres m’inspirent. Toutes disciplines confondues…
La plupart des chanteurs s’inspirent de leur propre vie pour raconter des histoires. Et vous ?
Toutes mes vies et celles des autres !

Vous enregistrez-vous ? Vous écoutez-vous pendant la composition ?
Oui. J’enregistre tout et tout le temps avec un dictaphone.
Avez-vous des “collaborations”, des échanges avec d’autres musiciens qui nourrissent votre créativité ?
Oui, puisque je collabore avec des musiciens très créatifs et très réactifs tels que Stephen McCraven (Archie Shepp, Sam Rivers…), Jack Gregg (Compost, Gil Evans…), Icheme Zouggart (Amar Sundy, Winston Blissett de Massive Attack), Matyas Szandai (Archie Shepp, David Murray…), Clémence Perrin (Paris Taiko Ensemble). Notre créativité est nourrie de nos échanges. J’ai la chance de travailler avec tous ces artistes. C’est très stimulant.

J’ai entendu un musiciens dire un jour : « Une chanson est bonne quand il suffit d’une guitare ou d’un piano pour sentir sa force. » Qu’en pensez-vous ?
Comment ne pas être d’accord ?
Combien de temps vous prend une composition ?
C’est très variable. Ça peut être 3 minutes, 3 mois, 3 ans… Parfois, 30 ans.
Qu’est-ce qui résout vos difficultés ? Une sieste, une douche, un clope, un livre… ?
Ne rien faire du tout.

Quel jugement avez-vous généralement sur votre travail : êtes-vous indulgent ou dur avec vous-même ?
Indulgent, il faut quand même l’être un petit peu avec soi-même. Mais je suis en général assez exigeant.
La première personne à laquelle vous faites écouter un morceau ?
C’est moi.
Où composez-vous généralement ?
Je m’installe dans un paysage transportable partout.♦

A propos de JacquesTiberi

Ce garçon navigue entre deux univers parallèles, celui du droit et du journalisme. À la fin, il ne doit en rester qu'un...