En France, des étudiants traquent faune et flore sur les campus. Célina Slimi s’en occupent à l’université de Versailles et nous dit pourquoi.

Le Zéphyr : Quand l’aventure du projet Icare a-t-elle démarré ?

Célina Slimi : L’aventure a commencé en 2014 quand j’ai assisté aux rencontres nationales des étudiant(e)s pour le développement durable, les Renedd organisées par le Refedd. J’ai participé à une table ronde sur la biodiversité où Guillaume Bagnolini, représentant de l’association du GNUM, présentait le projet Inventaire Fac (lire notre article sur la genèse de ce programme). Son ambition était d’exporter ce projet à d’autres campus de France pour sensibiliser et contribuer à la sauvegarde des espèces. Ce que j’ai accepté, avec plaisir.

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Sensibiliser sur la disparition des espèces

Sensibiliser sur la disparition des espèces

Pourquoi ?

Versailles est un campus avec énormément d’espaces verts et des étudiants en environnement comme moi, qui s’intéressent à l’écologie et à la biodiversité. C’est d’abord une volonté personnelle qui a, par la suite, motivé plusieurs de mes camarades, car l’idée d’inventorier la biodiversité puis de la valoriser par des projets de gestion, de parcours pédagogique ou d’installation de ruchers nous intéresse particulièrement.

De quelle superficie bénéficiez-vous ?

Notre campus a une superficie d’environ neuf hectares et se situe dans le ville de Versailles, en haut de l’avenue des États-Unis, à proximité de la forêt de Fausses-Reposes. Nous bénéficions d’un sous-bois avec une mare artificielle au milieu du campus, un reste de la forêt de Fausses-Reposes derrière les bâtiments, une grande pelouse, et plusieurs autre espaces de verdure peu visibles.

Vous pouvez nous donner des exemples d’espèces découvertes ?

Difficile de choisir, mais nous avons des floraisons assez remarquables : Cyclamen de Naples, perce-neige, bugle rampante, orchidée sauvage.

Alors, quels vers de terre avez-vous découvert ?

Alors, quels vers de terre avez-vous découvert ?

Quel a été votre rôle, personnellement ? Et vous en êtes où ?

J’ai initié le projet, invité mes camarades à le construire ensemble et à le valoriser auprès des autres étudiant(e)s. Actuellement, comme je ne suis plus étudiante à Versailles, je ne peux plus poursuivre les inventaires, mais j’espère que d’autres passionnés voudront animer le projet sur le campus.

Qui a participé aux inventaires ?

Nous avons constitué un groupe local à Versailles, car l’association était surtout implantée à St-Quentin. Puis, nous avons réalisé des affiches où nous avions fixé des dates de rendez-vous pour des inventaires floristiques. Au bout de quelques inventaires, nous avions pu réaliser une exposition avec toutes nos photos. 

Nous n’avons malheureusement pas pu toucher les étudiants des autres filières (hors biologie-environnement), malgré la communication massive sur le projet. Le contexte particulier du campus de Versailles avec très peu de vie étudiante et de liens entre les différentes filières n’aident pas.

La sensibilisation auprès d’un public jeune et étudiant est nécessaire, selon vous ?

Tout à fait, car c’est le premier pas vers sa protection et la valorisation de ses services écosystémiques. La sensibilisation est nécessaire pour tous les usagers de cette espace commun, les étudiants particulièrement. L’inventaire floristique pourrait s’inscrire dans un protocole scientifique de sciences participatives qui pourrait nous permettre de faire un suivie des espèces et de leur cycle de vie sur plusieurs années. Cela apporterait peut-être une information sur l’impact des changements climatiques sur la biodiversité ordinaire.

Propos recueillis par Philippe Lesaffre